Tuesday, October 6, 2009

Randomness sexuel.


En fin de semaine, j'ai fait un show à Jonquière. Je sors dehors du bar fumer une cigarette, et quand je rentre à l'intérieur, je vois une fille d'à peine 16 ans qui jase avec son amie, en poppant de manière complètement nonchalante une pilule anticonceptionelle, en public. "Je prend Alesse."


Shia Lebeouf (whatever the fuck comment il l'écrit) a dit haut et fort dans une entrevue avec Playboy qu'il était "not well endowed". Quel perdant.


Un de mes amis a eu une relation sexuelle avec une fille, et elle lui a dit: "Tu peux me pisser dessus si t'en a envie". Y'avait pas envie. Genre, pas envie. Anyways.


Suis-je le seul qui pense à tout sauf des soins pour le visage quand j'entend une fille dire: "J'me suis fait faire un facial"...?


Les samples.


Je discutais de ça récemment avec DJ Manifest, mon DJ/collègue/ami/partenaire de combat de pouces, utiliser des samples c'est complexe. Ici au Québec, on a la chance d'être isolés et par conséquent, l'utilisation de samples est pas très dangereuse, à moins d'être un sample Québécois ou un sample très connu (j'ai dû clearer des samples moi-même.) Mais ailleurs, c'est une autre histoire.

Dans le rap, c'est inévitable, tous le monde utilise des samples. C'est la base du beatmaking, du son particulier qui est propre au hiphop. Depuis son utilisation, évidemment, ça crée beaucoup de problèmes de droits d'auteurs, de royautés, de redevances, de polémiques sur ce qui est acceptable ou pas. Et faut pas se mentir, c'est mal vu par beaucoup de gens, certains qualifient l'art du sampling comme étant "paresseux" ou comme étant du "vol de musique". Mais honnêtement, toute musique est inspirée d'idées que d'autres ont eu, qui ont engendrées de nouveaux styles, de nouveaux sons, qui sont réutilisés, pour en créer d'autres. Et c'est pas seulement dans la musique, toute forme d'art est comme ça. On puise dans le passé pour créer le futur.

Toutefois, je suis tout à fait d'accord que l'artiste qui échantillonne se doit de payer ses dues aux artistes échantillonnés, quand c'est plus qu'une note individuelle ou du chopping, mais bien une mélodie substantielle et reconnaissable. Seule chose que je trouve désolante, c'est que le pourcentage de royautés qui revient à celui qui possède les droits d'auteurs originaux est totalement à sa discrétion, ce qui veut dire que le label peut décider de récolter 100% des profits venant de la diffusion, ce qui est totalement abhérant (je néglige tous les détails concernant les lois, licences, etc...parce que ça vous interesse pas). L'artiste qui échantillonne s'est inspiré d'une oeuvre, pour en créer une autre, différente. La plupart du temps, le sample est modifié, mixé, coupé, mélangé à d'autres sons, ce n'est plus l'oeuvre originale. La création est là, et se doit d'être récompensée. En plus, les chansons échantillonnées sont très souvent désuettes, oubliés par plusieurs, les ressortir et les faire revivre leur donne un second souffle, et met de l'argent directement dans les poches des créateurs et propriétaires de droits d'auteurs. Ça fait revivre la musique, et contrairement à ce que beaucoup peuvent en penser, c'est une énorme preuve de respect et d'admiration d'utiliser l'oeuvre de quelqu'un dans une chanson, non pas une insulte ou un vol.

Exemple concret? Ok. En 1991, le groupe Naughty by nature ont diffusé une chanson qui se nomme "OPP" (on la connait tous, un hymne à ceux qui fourrent les blondes des autres, you down with OPP = other people's pussy). Le sample est assez évident, "ABC" des Jackson 5. Le groupe a dû payer 100% de tous les profits rapportés grâce à la diffusion de la chanson (qui était #6 au Billboard Charts, un hit mondial, un des premiers succès pop dans le rap, c'est du profit ça). C'est ridicule. Ce n'était plus "ABC", c'était autre chose. Le travail mis dans la création du morceau et le succès de celui-ci se devaient d'être payés convenablement.

Tant que quelqu'un n'a pas essayé de sampler, il ne peut pas comprendre que c'est un art très particulier, une forme de création imaginative qui demande une oreille très développée. Je ne parle pas de looper un sample de classique et de rajouter des drums et une bass, parce que n'importe qui peut faire ça. Étudiez DJ Premier, J-Dilla, Just Blaze, Nottz, Daft Punk, Justice, FatBoy Slim, MadLib, Kanye West, vous allez comprendre de quoi je parle.

Pour ceux qui s'interessent au sujet, je vous conseille ces sites, qui sont très complets.

www.whosampled.com
www.the-breaks.com

Friday, September 25, 2009

Lyrisme Pathétik

Cette semaine je me suis acheté la revue XXL (la meilleure revue hiphop américaine selon moi), je me suis assis, j'ai débouché une vieille Boréale rousse et j'ai ouvert ma revue. Bon, 35 pages de pub de Rocawear...pas surprenant, sur le cover c'est Jay-Z avec comme titre: "Is Jay-Z bigger than Hip-Hop?" Ok, je lis l'article sur Jay-Z, entrevue très interessante, on comprend en détail pourquoi il est aussi riche, le gars est incroyablement talentueux, autant musicalement qu'en affaires.

Je continue à tourner les pages, 2e article sur Jay-Z, cette fois c'est un article qui décortique en détail chaque pièce de son album "Blueprint", qui était un classique instantané, à sa sortie le 11 septembre 2001 (et Jay-Z de dire: "I dropped the same day as the World Trade Center.") L'article est génial, on explique la création de chaque pièce avec des anecdotes et des commentaires de chaque personne ayant collaboré. Pour un fan comme moi, c'est malade. Pensant avoir été rassasié en matière de divertissement culturel, je tourne les pages et je tombe sur un article nommé: "Word Play". C'est un article qui questionne l'importance du lyrisme dans le rap en 2009, dans l'ère "Pop-Rap-Soundscan-Hit facile-Souldia Boy" du hip-hop.

L'article commence en parlant de l'histoire de Joe Budden et Method Man (pour ceux qui ne la connaisse pas, en gros Joe Budden a dis qu'il...ah fuck it. Fouillez sur le net.) On apporte de bons points sur cette histoire, disant que les titres des articles sur le sujet étaient souvent: "Joe Budden diss Method Man" quand le titre devrait être: "Joe Budden demande de miser sur le talent lyrique quand on parle de rappers dans une liste sur les meilleurs lyricistes." Bon, je suis pas le plus grand fan de Joe Budden, mais bon point. J'ai finalement lu l'article au complet et je l'ai trouvé passionnant, étant moi-même quelqu'un qui essaie de miser au maximum sur la qualité des textes. En même temps, ça m'a permis de me questionner sur l'état de l'importance du lyrisme dans le "rap game" de notre province.

"Lyricism is being able to do things with words that the average person doesn't normally think can be done." dit le rapper Skyzoo. Voilà. Je pense qu'en une phrase il a bien résumé. Qu'on parle de métaphores, comparaisons, assonances, double-sens, multisyllabes, technique, c'est certainement très négligé dans les textes de beaucoup de rappers québécois. TOUS les rappers américains ont un minimum de technique et de structure dans leurs textes. Oui, même 50 Cent. Oui, même Li'l Wayne. Les meilleurs mc's américains sont les plus fous textuellement, les plus techniques, les plus basic. Eminem s'enchaîne des rimes à 6 syllabes à chaque verse. Jay-Z fait des assonances complètement cinglées. Sir Pathétik fait des rimes à une syllabe en "é" et parle de l'importance de mettre une capote pour ne pas avoir de boutons blancs sur le gland, et c'est celui qui vend le plus d'albums ici. Y'a un problème.

Ok, j'ai dit le nom de Sir Pathétik dans mon Word Up Battle contre P-Dox. Ben oui. J'ai rien contre lui en tant que personne, j'suis sûr que c'est un gars ben sympathique pour aller prendre un verre. Mais sa musique, son approche du hip-hop et ses textes...c'est atroce. J'suis pas cave, ni jaloux, ni hater gratuit, je comprend pourquoi il pogne. Ce qui marche c'est la facilité, parce que majoritairement le public n'en a strictement rien à colisser de métaphores complexes ou de double-sens dans les punchlines. La recherche de la complexité dans quoi que ce soit ne nous interesse plus. On ne veut pas se casser la tête, on écoute du Sir Path parce que Sir Path parle comme nous, dis ce qu'on pense avec des mots clairs, du concret, du facile.

Et c'est pas juste au Québec qui a un manque de recherche et d'intérêt dans la complexité des textes. Black Thought du groupe The Roots, un des mc's les plus fous et les plus technique, a dit: "From my point of view, lyrics mean nothing. It's strictly something that we do for nostalgia, for ourselves. It's for other mc's, basically." J'avais envie de pleurer quand j'ai lu ça. En gros ça dit que les seules personnes qui comprennent c'est les autres rappers.

Alors, quand j'y pense, ça sert à quoi de continuer à se forcer le cul pour être bon? Rien. Je pourrais laisser tomber les rimes riches et passer à la facilité. Mais quelque part, un jeune de 15 ans écoute ce que je fais, et se questionne sur ce que j'écris. Comme je faisais à 15 ans avec Muzion, Sans Pression ou La Structure. Ce jeune là va commencer à écrire, un peu amateur mais avec du potentiel, et va continuer à se pratiquer. Il va s'améliorer, continuer à se pratiquer, et un jour il va devenir bon. Il va être passionné par l'écriture riche et va se faire entendre un peu partout pour commencer à avoir un petit buzz, parce que certains comprennent qu'il est bon. Il va commencé à avoir des fans. Il va faire des shows. Il va se faire remarquer par d'autres rappers établis et finalement, il va obtenir un contrat de disques. Pourquoi? Parce que des rappers comme moi comprennent ce que ça vaut d'être un rapper de qualité, et en influencent d'autres. Oui, beaucoup de gens s'en foutent de la profondeur, mais y'en a qui comprennent, faut le faire pour eux. C'est pas juste dans le hip-hop, La poule aux oeufs d'or a des cotes d'écoutes incroyables, ça résume tout.

Cultivez-vous, bande de caves.

Je vous aime.

PS: Lyrisme = lyricism en français. Et c'est lyrique, pas lyrical.

Thursday, September 17, 2009

Champagne, showbizz.

De nature, je suis quelqu'un qui aime communiquer avec les gens, mais je me rend compte que j'aime communiquer seulement avec les gens de mon espèce. Dans les soirées hiphop, les spectacles, quand je parle avec le "vrai" monde, les autres artistes backstage, pas de problèmes, je me sens bien. Récemment, j'ai reçu une nomination au gala de l'Adisq pour Album Hiphop de l'année. Pour ceux qui ne savent pas comment ça fonctionne, on reçoit une invitation à une conférence de presse 5 à 7 au Club Soda oû se présentent tous les artistes nominés, les médias, les gens de l'industrie, et les cheveux de Sylvain Cossette, spray net inclus.

Ce que j'ai eu comme impression de cette soirée, ce n'est pas seulement la reconnaissance de notre industrie musicale, ni ce qui est supposé être les prémisces à une fête de la musique, mais plutôt l'occasion rêvée pour toutes les vedettes de se montrer, de défiler devant les caméras et de faire semblant qu'ils ne sont pas en amour avec eux-même par dessus la tête. Je généralise, y'a surement des artistes qui en ont rien à foutre autant que moi, mais j'en ai pas remarqué beaucoup.

Je suis quelqu'un qui observe énormément, c'est inévitable, j'analyse tout le monde tout le temps, sans arrêt. À cette soirée là, c'est tout ce que j'ai fait. La vanité se lisait sur les visages. J'avais le goût de rire quand j'ai vu certains artistes débarquer et dire salut à tous le monde à distance, au moins le 3/4 se foutaient d'eux et vice/versa. J'avais le goût d'aller leur demander: "Lui là, celui que t'as salué comme si c'était ton grand chum, dit moi donc son nom?".

Je suis très content d'être nominé et d'avoir une reconnaissance pour mon travail (surtout que j'suis un outsider nominé dans l'autre gala, rapper en plus), mais je n'aime pas ce que j'ai vu en général. Je regardais les nominations, et je voyais des noms qui n'étaient pas venus. Je les comprend. Vive Marc Labrèche qui refuse toujours de se présenter aux cérémonies. Maintenant je comprend un peu mieux. J'ai rencontré quelques personnes de l'organisation de l'Adisq, toutes très sympathiques, sincères dans leur reconnaissance face aux artistes et passionnés de musique. Ce n'est pas d'eux que je parle. Je parle des vedettes. Pas des artistes, des vedettes. Regardez le documentaire "Manifestes en série" (excellent documentaire, by the way), dans l'épisode "inspirer le pays" qui parle de l'état de l'art au Québec, les propos du rapper Biz de Loco Locass sur les artistes et les vedettes résument bien ma pensée sur le sujet.

On se voit au mois d'octobre pour le gala. Je vais être celui qui fait des combats de pouces avec DJ Manifest.